Presse

ParisArt, Edito de André Rouillé, 2003


Allégories animalières

A l’exposition de la Jeune Création, l’animal est dans les travaux d’Hélène Benzacar, inscrit dans une sorte d’allégorie animalière. L’allégorie fonctionne sur le principe du palimpseste. Elle ne vise pas à rétablir une signification originelle perdue ou obscure, elle ajoute et substitue une signification à la signification antérieure.

Depuis plusieurs années, Hélène Benzacar photographie des animaux empaillés. Comme une momie, mais aussi comme une photographie, l’animal empaillé est immobile, figé dans la pose conçue par le taxidermiste, préservé des ravages du temps. C’est une sorte de photographie en trois dimensions.

La photographie d’un animal empaillé est littéralement une image d’image : une pure allégorie. L’apparence de brillance dans les poils, d’intentionnalité dans le regard, et de naturel dans la pose créent une impression de vie. Comme si le processus photographique avait redonné vie au loup naturalisé.

Le faire-vivant de la photographie à partir de la mort comme allégorie de la mimesis.

André Rouillé