« Comme on boit la mer, on absorbe les fantômes »
- Coquilles d’huîtres, céramiques émaillées, rhodoïd, archives familiales, résine, 2026
« Si on ouvrait les gens, on trouverait des paysages. Moi, si on m’ouvrait, on trouverait des plages. » Agnès Varda
Ce projet donne forme à plusieurs années d’exploration sensible du bord de mer. Prenant pour base le lien intime que j’entretiens depuis l’enfance avec l’océan, ce travail se construit à travers l’observation, la marche, la collecte et l’attention donnée à la vie minérale, aux algues et petits animaux marins de la côte. Au fil du temps, cette affinité avec la mer est devenue un espace de réflexion sur la fragilité du vivant : celle des paysages, du climat, et des filiations qui nous unissent aux autres formes de vie.
Dans cette pièce, les coquilles d’huîtres remplies d’eau de mer nous apparaissent en trompe-l’œil. Le corps de l’huître se trouve remplacé par l’image du corps et la carapace, par la céramique émaillée. Les fragments d’images en négatif placés dans la résine évoquent les corps exposés à la lumière de l’été. En creux, ces images flottantes nous parlent aussi de photographie, de processus de révélation argentique, de latence et de projection sur table lumineuse. Avec ce projet, je propose une plongée dans une mémoire mouvante, partagée entre la sédimentation du souvenir et son effritement.
Céramiques réalisées dans l’atelier de Brigitte Marionneau et Corinne Guého