« Comme on boit la mer, on absorbe les fantômes » (2)

–  Coquilles d’huîtres, céramiques émaillées, photographies sur Rhodoïd, résine, 2026

– Installation photographique, 2026

« Dans la pièce, « Comme on boit la mer, on absorbe les fantômes » (1) les coquilles d’huîtres remplies d’eau de mer apparaissent en trompe-l’œil. Le corps de l’huître se trouve remplacé par l’image du corps et la carapace, par la céramique émaillée. Les fragments d’images en négatif placés dans la résine évoquent les corps exposés à la lumière de l’été. En creux, ces images flottantes nous parlent aussi de photographie, de processus de révélation argentique et de latence. Avec ce projet, je propose une plongée dans une mémoire mouvante, partagée entre la sédimentation du souvenir et son effritement. 

Dans l’installation photographique « Comme on boit la mer, on absorbe des fantômes » (2), les coquillages, déplacés au bord de l’océan semblent retourner dans leur milieu d’origine, activés par les gestes d’un jeune homme et de sa compagne.

La perturbation consiste, dans mon travail, en un retournement.

Un retournement, comme on retourne un gant, qui reprendra après coup son aspect initial ou comme on le fait d’une boîte dont le contenu va se déverser sur la table, pour être rangé à nouveau. L’ordre naturel est ainsi perturbé, car l’opération est à tout moment réversible. Réalité au départ, réalité à l’arrivée, même si entre les deux une mutation profonde a eu lieu, mutation dont le cliché photographique constitue le témoignage. Ce qui compte, c’est le « sentiment de réalité », comme une fiction qui en arriverait à se rêver et à se faire vraie. »